Contractions de Braxton Hicks : les reconnaître et les distinguer
Contractions de Braxton Hicks : à quoi elles ressemblent, pourquoi le ventre durcit, comment les distinguer des vraies contractions et quand consulter.
Les contractions de Braxton Hicks sont des contractions irrégulières de l’utérus, souvent indolores, qui peuvent apparaître pendant la grossesse. On les sent surtout comme un ventre qui durcit quelques instants, puis se relâche. Elles sont normales, mais il est utile de savoir les distinguer des contractions qui annoncent un accouchement, surtout avant le terme.
Que sont les contractions de Braxton Hicks ?
Ce sont des contractions de l’utérus irrégulières et généralement peu douloureuses, qui ne modifient pas le col. Elles portent le nom du médecin qui les a décrites au XIXᵉ siècle.
On les appelle aussi parfois contractions d’entraînement ou fausses contractions. Elles font partie du fonctionnement habituel de l’utérus, qui est un muscle : il se contracte ponctuellement tout au long de la grossesse, même si vous ne le percevez pas toujours.
Leur rôle exact n’est pas entièrement établi. On sait en revanche qu’elles ne déclenchent pas le travail et qu’elles ne sont pas le signe d’un problème lorsqu’elles restent irrégulières.
À quoi ressemblent les contractions de Braxton Hicks ?
Le ventre devient dur, tendu, parfois comme une boule, pendant quelques secondes à une minute environ, puis redevient souple. La sensation est plus souvent inconfortable que douloureuse.
Elles se caractérisent en général par :
- un rythme irrégulier : elles surviennent de temps en temps, sans intervalle fixe ;
- une intensité stable : elles ne deviennent pas de plus en plus fortes ;
- une disparition au repos, lorsque l’on change de position, que l’on s’allonge ou que l’on boit ;
- une localisation diffuse sur le ventre, sans douleur qui irradie dans le dos.
Quand apparaissent-elles pendant la grossesse ?
Elles peuvent être perçues dès le deuxième trimestre, mais sont surtout remarquées au troisième trimestre, à l’approche du terme. Leur fréquence varie beaucoup d’une grossesse à l’autre.
Certaines circonstances les favorisent :
- l’effort physique, la marche prolongée, le port de charges ;
- la fatigue et le stress ;
- une vessie pleine ;
- la déshydratation ;
- les rapports sexuels ;
- les mouvements de bébé.
Pour savoir précisément où vous en êtes dans votre grossesse, notre calculateur SA et SG vous donne votre terme en semaines d’aménorrhée, le repère utilisé par les maternités. Si ces notions vous semblent floues, notre article comprendre SA et SG les explique simplement.
Braxton Hicks ou vraies contractions : comment faire la différence ?
Les contractions du travail deviennent régulières, de plus en plus rapprochées, longues et intenses, et ne s’arrêtent pas avec le repos. Les Braxton Hicks, elles, restent irrégulières et finissent par s’estomper.
| Critère | Contractions de Braxton Hicks | Contractions du travail |
|---|---|---|
| Rythme | Irrégulier | Régulier, de plus en plus rapproché |
| Intensité | Stable, souvent peu douloureuse | Croissante |
| Durée | Brève | De plus en plus longue |
| Au repos | S’atténuent ou disparaissent | Persistent malgré le repos |
| Douleur | Diffuse, légère | Souvent dans le bas-ventre et le dos |
| Effet sur le col | Aucun | Le col se modifie |
Un bon réflexe en cas de doute : notez l’heure de début de chaque contraction pendant un moment. Si elles deviennent régulières et se rapprochent, c’est un signal à prendre au sérieux. Votre maternité vous indiquera à partir de quel rythme partir ; demandez-le lors d’une consultation de fin de grossesse.
D’autres signes peuvent accompagner le début du travail, comme la perte du bouchon muqueux ou un écoulement de liquide. Pour faire la différence avec des pertes vaginales habituelles, notre article sur les pertes blanches pendant la grossesse vous donne des repères.
Que faire quand on a des contractions de Braxton Hicks ?
Le plus souvent, un peu de repos suffit à les faire passer. Quelques gestes simples peuvent aider :
- vous allonger ou changer de position, par exemple sur le côté gauche ;
- boire un verre d’eau ;
- aller aux toilettes si votre vessie est pleine ;
- respirer calmement, en allongeant l’expiration ;
- prendre une douche tiède, si vous êtes à la maison.
Si elles reviennent souvent, c’est parfois le signe qu’il faut lever le pied. Pensez à alléger votre quotidien, à répartir les tâches et à vous accorder des pauses, surtout au troisième trimestre.
Contractions ou autres douleurs du ventre ?
Toutes les sensations dans le ventre ne sont pas des contractions : les tiraillements ligamentaires, la digestion ou les mouvements de bébé peuvent aussi en être à l’origine.
- Les douleurs ligamentaires : l’utérus est maintenu par des ligaments qui s’étirent avec la croissance de bébé. Elles se manifestent par un tiraillement ou un point de côté sur un côté du bas-ventre, souvent lors d’un mouvement brusque, en se levant ou en toussant. Le ventre, lui, ne durcit pas.
- Les troubles digestifs : ballonnements, constipation, gaz, fréquents pendant la grossesse, provoquent des gênes diffuses qui varient avec les repas.
- Les mouvements de bébé : une bosse sous la main, un coup, un déplacement, qui ne donnent pas cette sensation de ventre tendu dans son ensemble.
- Les brûlures en urinant ou les envies très fréquentes, associées à des douleurs du bas-ventre, peuvent évoquer une infection urinaire, qui doit être traitée pendant la grossesse.
Le repère le plus utile reste le durcissement de tout le ventre : c’est lui qui signe une contraction. En cas de doute, ou si une douleur ne passe pas, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin.
Contractions avant le terme : quand faut-il s’inquiéter ?
Des contractions régulières, rapprochées ou douloureuses avant 37 semaines d’aménorrhée doivent toujours faire consulter rapidement. Elles peuvent signaler une menace d’accouchement prématuré, qui se prend en charge d’autant mieux qu’elle est repérée tôt.
Lors de vos consultations de suivi, n’hésitez pas à parler de vos contractions, même si elles vous paraissent banales. La sage-femme ou le médecin pourra, si besoin, examiner le col. Pour situer les grandes étapes de ce suivi, consultez notre calendrier des échographies.