Crevasses allaitement : causes, soulager et prévenir
Crevasses et allaitement : pourquoi les mamelons s'abîment, comment soulager la douleur, corriger la prise du sein et quand demander de l'aide.
Les crevasses pendant l’allaitement sont des petites plaies ou fissures du mamelon, souvent très douloureuses. Elles sont fréquentes dans les premiers jours, mais elles ne sont pas une fatalité : dans la plupart des cas, elles signalent une prise du sein à ajuster. Voici comment les reconnaître, les soulager et éviter qu’elles ne reviennent.
Qu’est-ce qu’une crevasse du mamelon ?
Une crevasse est une lésion de la peau du mamelon : rougeur, fissure, petite plaie, parfois saignement. Elle rend la tétée douloureuse, surtout au moment où bébé prend le sein.
Elle peut prendre plusieurs aspects :
- un mamelon rouge, irrité, sensible au moindre frottement ;
- une fissure à la base ou au bout du mamelon ;
- une petite croûte qui se reforme entre les tétées ;
- un mamelon déformé en sortie de tétée, écrasé ou « en biseau », signe d’une prise du sein à revoir.
Une légère sensibilité les premiers jours est fréquente, le temps que la peau s’habitue. En revanche, une douleur vive qui dure toute la tétée ou qui s’aggrave n’est pas normale et mérite qu’on s’y arrête.
Pourquoi a-t-on des crevasses quand on allaite ?
La cause la plus fréquente est une prise du sein trop superficielle : bébé pince le bout du mamelon au lieu de prendre une large partie de l’aréole. Le frottement répété abîme alors la peau.
D’autres facteurs peuvent jouer :
- la position : bébé trop loin, tête tournée, corps pas aligné avec le vôtre ;
- le retrait du sein : retirer bébé sans rompre la succion tire sur le mamelon ;
- une particularité chez bébé : un frein de langue qui limite ses mouvements, une bouche peu ouverte, une succion désorganisée ;
- le tire-lait : aspiration trop forte ou embout (téterelle) de taille inadaptée ;
- une peau fragilisée : lavages trop fréquents au savon, coussinets humides gardés longtemps ;
- une infection, comme une mycose, qui peut entretenir la douleur.
Identifier la cause est essentiel : soigner la plaie sans corriger ce qui l’a provoquée ne suffit généralement pas.
Comment soulager les crevasses ?
Le premier soulagement vient souvent de la correction de la prise du sein, puis de quelques gestes simples pour aider la peau à cicatriser.
Revoir la mise au sein
- Installez-vous confortablement, dos soutenu, bébé face à vous, ventre contre ventre.
- Attendez que bébé ouvre grand la bouche avant de l’amener au sein.
- Sa bouche doit englober une bonne partie de l’aréole, lèvres retroussées, menton contre le sein.
- Pour retirer bébé, glissez doucement un doigt propre au coin de sa bouche pour rompre la succion.
Notre article comment débuter l’allaitement détaille les repères d’une bonne prise du sein.
Prendre soin du mamelon
- Après la tétée, déposez quelques gouttes de lait sur le mamelon et laissez sécher à l’air.
- Gardez la zone au sec : changez souvent les coussinets d’allaitement.
- Évitez les savons agressifs : une toilette à l’eau lors de la douche quotidienne suffit.
- Un soin spécifique pour mamelons peut être utile : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre sage-femme pour qu’il soit compatible avec l’allaitement.
Adapter les tétées
- Commencez par le sein le moins douloureux.
- Variez les positions pour répartir les points de pression.
- Proposez le sein dès les premiers signes d’éveil, avant que bébé ne soit affamé et ne tète avec trop de force.
Peut-on continuer à allaiter avec des crevasses ?
Oui, le plus souvent, à condition que la douleur reste supportable et que la cause soit prise en charge. Continuer à allaiter aide aussi à éviter que les seins ne s’engorgent.
Si la douleur est trop forte d’un côté, il est possible de faire une pause de ce côté en tirant son lait, le temps que la peau cicatrise. Cette solution est à organiser avec un professionnel, pour maintenir la production de lait et donner ce lait à bébé dans de bonnes conditions. Notre article sur la conservation du lait maternel rappelle les règles de base.
Et si, malgré l’accompagnement, vous choisissez de réduire ou d’arrêter l’allaitement, c’est une décision qui vous appartient. Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon de nourrir son enfant.
Comment prévenir les crevasses ?
La meilleure prévention reste une bonne prise du sein dès les premières tétées, et une aide rapide au moindre doute.
| Geste | Pourquoi |
|---|---|
| Vérifier que bébé ouvre grand la bouche | Il prend ainsi une large partie de l’aréole |
| Varier les positions d’allaitement | Les zones de frottement changent |
| Rompre la succion avant de retirer bébé | Le mamelon n’est pas étiré |
| Garder la peau au sec entre les tétées | La macération fragilise la peau |
| Régler le tire-lait sans douleur | Une aspiration trop forte abîme le mamelon |
| Demander de l’aide dès les premiers jours | Un ajustement précoce évite que la plaie s’installe |
Pendant la montée de lait, les seins très tendus peuvent rendre la prise du sein plus difficile. Faire sortir un peu de lait à la main avant la tétée assouplit l’aréole et aide bébé à bien la saisir.
Crevasse, mycose ou autre chose : comment faire la différence ?
Si la douleur persiste malgré une prise du sein corrigée, une autre cause doit être recherchée.
Quelques situations à signaler à un professionnel :
- Une douleur en brûlure qui dure après la tétée, un mamelon rose vif ou brillant, et parfois des plaques blanches dans la bouche de bébé : cela peut évoquer une mycose (muguet), à traiter chez la mère et chez bébé.
- Un mamelon qui blanchit après la tétée, avec une douleur pulsatile : cela peut être lié à un problème de circulation sanguine du mamelon, souvent favorisé par le froid.
- Une zone du sein rouge, chaude et douloureuse, avec de la fièvre : cela peut évoquer une inflammation ou une infection du sein.
Où trouver de l’aide pour allaiter sans douleur ?
Plusieurs interlocuteurs peuvent vous aider, souvent sans avance de frais.
- La sage-femme qui vous suit après la naissance, en libéral ou à la maternité.
- Les consultantes en lactation, spécialisées dans l’accompagnement de l’allaitement.
- La PMI (protection maternelle et infantile), avec des puéricultrices et sages-femmes.
- Les associations de soutien à l’allaitement, qui proposent des réunions et des écoutes téléphoniques.
- Votre pharmacien, pour le choix d’un soin adapté à l’allaitement.